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Essai de psychologie transcendantale
de Stéfan Leclercq.
Onzième et dernier chapitre.
272 p. (isbn : 2 - 930242 - 26 -4)
Résumé de l'ouvrage.
L'être s'établit selon deux
choses : sa conscience et les mouvements de la réalité.
Mais si la conscience a la puissance de créer des mouvements,
elle est d'abord réalisée par l'ensemble des mouvements
du réel. Ainsi, ce qui est préalable à la
conscience n'est pas l'inconscient, cette grande chimère
de la modernité, mais le réel lui-même. C'est
parce que l'être est ému par la réalité
que peut naître en lui une conscience. Comme l'a si bien
montré Sartre, il n'y a une conscience que par l'émotion.
Cette conscience, créée par l'infinité des
mouvements de la réalité, est réalisée
par eux. Elle est ainsi traversée par ces mouvements et
en devient une conscience-monde. La conscience-monde n'est qu'un
élément parmi d'autres dans l'infinité des
mouvements peuplant l'univers. Ce n'est que sa corruption, par
la centralisation de tous ces mouvements sur la conscience qui
permettra le subjectif, c'est-à-dire la réduction
du monde à un seul.
Comment le subjectif, en se limitant, se fait-il apparaître
son propre réel, comment le limite-t-il à de simples
représentations qu'il investigue par l'empirisme simple
? Comment se réalise le réel en dehors d'une conscience
qui ne vise qu'à le transcender ? Comment s'organise alors
le mouvement transcendantal comme motivation du réel et
lui reste immanent ? Ce sont les questions qu'aborde le présent
ouvrage. Réalisant une topologie des mouvements de la réalité
ainsi qu'une analyse critique de la conscience, ce livre nous
montre combien nous sommes tous impersonnels et pourquoi nous
devons le rester.
Le pourienisme.
Tout mouvement est singulier et trouve son
processus de singularisation dans la mesure où le mouvement
ne se limite nullement à la capacité du donné.
S'il existe un mouvement empiriste, il n'en existe pas moins un
mouvement transcendantal. Si, au contraire de Kant, nous concevons
le champ transcendantal sans conscience, l'absence même
de cette conscience au sein de ce champ laisse se dévoiler
une infinité d'éléments que l'on ne peut
comprendre comme choses mais comme mouvements. En effet, il n'y
a qu'une conscience qui peut cerner la forme, ordonner la qualité,
c'est-à-dire créer la chose. Percevoir, c'est cerner
la forme, ou la créer, à partir de ce qui n'en a
pas. Ainsi, ce qui est antérieur à la perception,
et à raison à la conscience qui perçoit,
est une individuation, puisque qu'il s'agit d'un élément
distinguable, mais qui n'est pas encore cerné, ou formé,
par une conscience qui le perçoit. Ce n'est que dans l'opération
de la perception que cette individuation sans forme, cette héccéité
, s'individualise en entité ou chose. Ce qui veut dire
qu'avant d'être appréhendées par la conscience,
les individuations n'ont aucune forme. Nous pouvons alors croire,
puisque justement il s'agit d'une antériorité de
la conscience, qu'une individuation sans forme est un mouvement,
et que, par conséquent, toute héccéité
en est un.
Dès lors, s'il existe une antériorité de
la conscience comme individuation sans forme, cela veut dire que
le mouvement précède la conscience. Ce n'est pas
la conscience qui permet le mouvement, mais au contraire, le mouvement
qui crée la conscience. Un ensemble infini de mouvements
se déroule face à l'être, mais aussi à
travers lui, constituant un monde, à ce moment, indéfini.
Ces mouvements, dans leur singularité et hétérogénéité,
émotionnent, en le traversant, l'être qui les vit.
Cette émotion réalise la conscience. C'est dans
le moment où l'être est touché par le mouvement
qu'il en prend conscience, c'est-à-dire où sa conscience
se forme. En retour, la conscience appréhendant le mouvement
lui donne une forme. Lui donner une forme veut dire subjectiver
le mouvement.
Le principe de subjectivation consiste en une distinction qu'opère
la conscience entre elle et ce qu'elle appréhende. Tel
femme nous fascine, et donc nous émotionne, et ce n'est
qu'à cette condition que nous pouvons la considérer,
l'aimer. Mais nous l'aimons pour ce qu'elle est, c'est-à-dire
par la distinction que nous réalisons d'avec nous. C'est
parce qu'elle est distinguée par nous et de nous qu'elle
représente l'objet de notre amour. Elle n'est plus mouvement
mais forme. Ainsi, le mouvement suscite, ou crée, la conscience,
et en retour la conscience donne au mouvement une forme. Par cette
forme, il devient objet sensible. Nous dirons alors que subjectiver,
c'est non seulement donner une forme à un mouvement, mais
c'est le fixer, en tant que chose, dans un donné. Plus
globalement, c'est constituer le donné.
Le mouvement se déroulant en dehors de la conscience, existant
antérieurement à la conscience, est une héccéité.
Ces héccéités appartiennent au transcendantal
tant elles sont, non pas les objets en mouvement, mais bien le
concept ou la conscience de ces objets. En retour, nous pouvons
quelques fois percevoir ces héccéités par
des zones franches de notre conscience, en des moments ou sensations
non-conscients ou mal conscients : perceptions a-subjectives.
Ces apparitions se trouvent parfois en un coup de vent, un crépuscule,
un croissant de lune. Imperceptible par la conscience vraiment,
elles marquent l'être qu'elles traversent. Au-delà
d'une réalité, d'un donné et d'un empirisme,
les héccéités viennent parfois nous toucher
directement nous rendant impersonnel dans le même moment
où nous ne les subjectivons plus . Ces apparitions sont
chaque fois des atteintes portées à une conscience
qui, par cela, vacille par ces mouvements qui la dépassent.
Ces mouvements, ces héccéités, sont des apparitions
transcendantales qui, non interprétables, viennent rompre
les équivalences d'un donné par trop agencé.
Tant que le mouvement transcendantal n'est pas appréhendé
par la conscience, qu'il n'est pas fixé par une interprétation,
il est un mouvement pur, un mouvement sans utilité ni rendement.
Parce qu'il est mouvement, il trouve sa définition dans
son action, dans un déplacement ne servant qu'à
l'authentifier, à le distinguer des autres mouvements.
Ce n'est que lorsqu'il est appréhendé par une conscience
que le mouvement devient une chose, par la fixité, la qualité
et la forme qu'elle lui octroie. Cette appréhension opère
alors une transmutation : le mouvement devient chose dans et par
la conscience. Il n'en reste pas moins que la chose est dotée
d'un mouvement que ne peut ignorer la conscience. C'est ainsi
qu'Épicure dévoila le mouvement des atomes comme
intériorité des choses constituant le monde. Mais
loin d'être en cela empiriste (il ne pouvait l'être
que s'il possédait un matériel scientifique capable
de lui permettre de voir les atomes), il réfléchit
métaphysiquement la condition transcendantale du mouvement
des atomes . Donc, loin d'être un philosophe matérialiste,
Épicure, méthodologiquement, pressentait l'émergence
du transcendantal dans le donné. Toute condition non-consciente
(et jamais inconsciente) de l'être lui permet une émotion
par les mouvements du transcendantal le traversant. Et, comme
nous le savons, c'est parce qu'une émotion le touche que
sa conscience peut se révéler.
Nous suivons bien Jean-Paul Sartre lorsqu'il démontre que
la conscience n'est qu'émotions . Et si souvent, on a montré
le rôle de la conscience souveraine dans la philosophie
de Sartre, nous pouvons voir, au moins à trois reprises
dans sa philosophie, l'apparition du transcendantal dans la conscience
venant en détruire les formes et la subjectivité.
La première est dans la Transcendance de l'ego. Malgré
l'admiration qu'il voue à Husserl, Sartre émet l'idée
que le champ transcendantal n'est peut-être pas transcendé
par un Je transcendantal ou, autrement, par une conscience. Il
en déduit, mais ce n'est ici qu'une spéculation
de sa part, qu'à partir du moment où la conscience
n'occupe plus, ou plus complètement, le champ transcendantal,
elle devient une conscience impersonnelle . Sartre poursuit son
développement en montrant comment la conscience, lorsqu'elle
est impliquée dans un donné, peut se passer d'un
Je unificateur. Le Je n'est pour lui qu'une conclusion, ou les
simples conditions d'apparition de la conscience, qu'en rien il
n'est le principe de son unification . Sartre montre ici les enjeux
entre une conscience en une réalité-humaine (ou
dasein), dont l'opération consiste en l'intentionnalité,
et un champ transcendantal sans conscience. Sans plus développer
cette question du transcendantal sans conscience, il fournit les
matériaux nécessaires à une rupture de l'entité
de la conscience.
La deuxième fois se trouve dans L'être et le néant.
La condition de la liberté est, par Sartre, la possibilité
même de la rupture entre en-soi et le pour-soi. Le dasein,
ou réalité-humaine, incorporant nécessairement
la conscience, ne peut se concevoir qu'en tant que néantisation.
Le dasein opère d'abord une rupture entre la conscience
et son monde (intentionnalité), c'est-à-dire entre
l'en-soi et le pour-soi. Mais aussi, en même temps, cette
néantisation du dasein rompt le lien qui existait entre
le pour-soi et l'essence de l'être. Le dasein, dans sa néantisation,
devient alors le principe de la liberté même . Ainsi,
l'être n'est que liberté par la néantisation
du dasein. C'est par elle que le pour-soi évite l'en-soi
et, par conséquent, l'essence de l'être . Mais le
pour-soi ne constitue pas la conscience. Au contraire, dans ce
cadre, la conscience, par l'opération de l'intentionnalité,
se situe hors du monde et donc en dehors de l'en-soi . Ce qui
alors apparaît, c'est que le principe de la liberté
ne réside que dans le pour-soi, c'est-à-dire loin
d'une conscience hors du monde (intentionnalité). La liberté
réside précisément dans la néantisation
qu'organise la réalité-humaine ou dasein. Nous pouvons
alors dire que la liberté, c'est être en dehors de
la conscience, comme non-conscient .
La troisième fois se trouve dans un interview donné
par Sartre . Parlant des chiens, et plus généralement
des animaux, Sartre émet l'idée qu'ils sont des
consciences sans langage. La langue est un processus d'homogénéisation
de la conscience. Autrement, la langue est la manifestation de
la conscience par l'intermédiaire de l'en-soi. Toute langue
est la production d'une réalité-humaine. Mais au
lieu que la langue soit réalisée par lui, c'est
plutôt la langue qui forme la réalité-humaine
et, par conséquent, la conscience. C'est ce qu'a si bien
montré Michel Foucault par ses fameux développements
du discours . Ainsi, la conscience trouve ses modalités
dans une langue à laquelle elle se soustrait et qui la
forme. La langue est le processus premier de la subjectivation
de la conscience. Le mot, le discours montre la chose dans sa
forme, forme à laquelle la conscience se subordonne. La
conscience ne crée pas le mot, et donc la forme, mais emploie
le mot et par cela utilise la forme. Si la conscience ne crée
ni le mot, ni la forme, elle se laisse alors créer et former
par lui. À son tour, lorsqu'elle appréhendera un
mouvement inconnu, la conscience ne pourra l'aborder que selon
une langue connue. Le mouvement inconnu, c'est-à-dire pur
et transcendantal, ne pourra être lu qu'en fonction d'une
langue, d'un ensemble de mots, en fonction et reconnu. S'en suit
nécessairement une subjectivation du mouvement, le rendant
chose alors qu'il n'était que mouvement. Par cela, une
conscience sans langage est une conscience ne pouvant suivre les
mêmes processus de subjectivation des mouvements du réel
surgissant. Une conscience sans langue est donc une conscience
a-subjective comprenant le réel, et se comprenant, comme
ensemble infini de mouvements dans leur action même. Une
conscience sans langue est alors une conscience-monde plutôt
qu'une conscience subjectivée. Nous comprenons comme conscience-monde
une conscience se comprenant non-consciemment, comme mouvement
quelconque d'un réel, au contraire d'une conscience subjectivée
se comprenant comme centre de son monde. Une conscience subjectivée
parce qu'elle ramène à elle les mouvements du réel
qui la servent, devient centre de son monde (philosophie du sujet).
Parallèlement, une conscience-monde, parce qu'elle n'est
qu'un des nombreux mouvements réalisant le réel,
restitue, par la conscience sans langage, une philosophie de la
Nature. Cette libération, mais surtout l'émancipation
des mouvements, n'est autre que la création d'un nouveau
type de philosophie de la Nature. C'est, nous pensons, ce que
pressent Sartre lors de cet interview, sans en avoir, à
ce moment-là, les moyens de la développer. Une conscience
sans langue échappe aux processus de subjectivation qui
lui permettraient de tout centraliser vers elle. Et c'est bien
en parlant des animaux, donc d'êtres sans subjectivité,
que Sartre énonce ce concept. La distinction que l'individu
opère à l'encontre des autres êtres réside
bien dans cette faculté à subjectiver les mouvements
du réel. Cette subjectivation s'instaure et se coordonne
par les moyens de la langue.
Si l'être ne peut se concevoir sans une topologie du mouvement,
il n'en est pas moins, comme être, producteur de mouvements.
Être, c'est envoyer et recevoir des mouvements. Les mouvements
reçus, par leur potentiel émotionnel, créent
la conscience, quand les mouvements envoyés attestent à
cette conscience son existence. Et nous ne créons jamais
des mouvements pour autre chose que pour permettre à notre
conscience la certitude de son existence. Mais si, dans un deuxième
temps, la conscience se regarde émettant des mouvements,
elle leur conférera un but. Elle deviendra alors la cause
de leur production, et l'effet ne consistera qu'en un asservissement
du mouvement par elle. Pourtant, lorsque nous envoyons et recevons
des mouvements, nous sommes bien plutôt traversés
par eux que nous ne les produisons. Par cela, nous appartenons
au réel, nous participons à la Nature. Créer
une causalité au mouvement est former (subjectiver) notre
conscience, c'est réaliser notre monde où nous faisons
apparaître la réalité qui nous convient.
Cette réalité que, subjectivement, l'individu se
fait apparaître n'est que le substrat de l'empirisme simple.
L'empirisme, parce qu'il est la technique d'investigation du subjectif,
ne peut porter son analyse que sur cette réalité
que l'individu se fait apparaître, que sur les représentations
qu'il se donne. L'empirisme, c'est l'analyse des mouvements codifiés
par la conscience, c'est-à-dire des représentations.
C'est pour cela que la technique d'investigation de la psychanalyse
fut toujours l'empirisme, incapable de pressentir autre chose
que les mouvements que codifient la conscience : ce que tu dis,
ce que tu te fais apparaître. La psychanalyse ne sait se
reposer que sur les représentations de son client et jamais
sur les mouvements qui le traversent.
Ces mouvements qui le traversent proviennent du transcendantal,
sans pour autant en être réellement l'apparition.
Les mouvements du transcendantal, comme nous le savons, régissent,
sans lui ressembler, le réel. Ils sont toujours mouvements
et non éléments parce qu'ils sont dénués
de forme. Ce que contient le champ transcendantal est a-formé,
démuni aussi de qualités qui viendraient les subjectiver.
Si ces choses peuplant le champ transcendantal sont sans forme
et sans qualité, elles ne peuvent être que mouvements.
Ainsi, le champ transcendantal n'est réalisé que
par des mouvements, étrangers au réel et pourtant
en réalisant la motivation. Les mouvements du transcendantal
organisent, en s'actualisant, la réalité. Mais cette
actualisation les différencie de leur spécificité
transcendantale. En s'actualisant, le mouvement transcendantal
change de nature . Il crée alors l'élément
du réel. Ce changement de nature du mouvement transcendantal
consiste en une forme et en qualités que prend ce mouvement.
Il se peut aussi que le mouvement transcendantal apparaisse pleinement
sans s'actualiser. Ce sont les héccéités.
Mais pour qu'il puisse apparaître à l'être,
il faut que celui-ci soit non-conscient, c'est-à-dire que
ce mouvement lui apparaisse en dehors d'une conscience qui viendrait
alors le subjectiver, lui donner la forme qu'il n'a pas. Un crépuscule,
un nuage passant rapidement en face du soleil peuvent être
des héccéités. De même, les exo-planètes
peuvent constituer également ces héccéités.
Mais dès que nous y pensons, nous les portons à
notre conscience qui alors en corrompt la nature héccéitaire.
L'héccéité se transforme alors en représentation.
L'héccéité ne peut être a-subjective
que dans la mesure où elle apparaît à l'être
en dehors de sa conscience. Mais celle-ci a le pouvoir, par la
représentation qu'elle en fera, d'en corrompre l'apparition.
Ces héccéités constituent le mouvement médian,
apparaissant à la suite du mouvement transcendantal pur
avant d'être transformé en mouvement codifié
par la conscience subjectivante. Car la conscience subjectivante,
c'est-à-dire se prenant pour objet, se fait apparaître,
en codifiant ainsi les mouvements du réel, des représentations
seulement. Cette conscience croit évoluer dans une réalité
et ne fait que percevoir les représentations qu'elle se
(re)présente. Ainsi, la conscience croit réaliser
des mouvements par une réalité qu'elle perçoit
et qui n'est autre que les représentations qu'elle se fait
apparaître. Cependant, ces mouvements effectués agissent
sur un réel que la conscience ne sait finalement percevoir.
Le réel échappant à la conscience qui perçoit
n'est autre que des héccéités, restant étrangères
à cette conscience. Ces héccéités
sont chaque fois des apparitions du mouvement transcendantal ou
mouvement pur a priori. Seules les héccéités,
ou individuations sans forme, créent le réel. La
réalité n'est constituée que d'héccéités
que la conscience corrompt pour mieux se faire apparaître.
Cette situation est en vigueur chaque fois que la conscience tente
d'administrer un mouvement au sein d'une représentation
du réel. C'est-à-dire qu'elle essaie de faire coïncider
son mouvement avec ce qui lui apparaît et non avec ce qui
s'effectue (le réel). Nous pensons toujours avoir un effet
sur le réel et en produisons toujours un autre. Cela, parce
que, n'ayant de la réalité que des représentations
(mouvements codifiés), nous sommes incapables de percevoir
les mouvements médians (actualisation des mouvements du
transcendantal). La codification du réel empêche
de percevoir le réel même. Ce fait est né
avec l'ère de la philosophie du sujet, c'est-à-dire
principalement avec Kant, plaçant la conscience au centre
du champ transcendantal (Révolution copernicienne). Déjà
Descartes tenta un tel bouleversement. Ainsi, Kant interrompait
l'ère de la philosophie de la Nature qui, à travers
une formidable diversité de pensées et de mouvements,
considéra toujours la conscience comme seconde par rapport
au réel qui l'administrait.
Il n'y a qu'un mouvement en dehors de la codification des représentations
qui pourra permettre à la conscience d'appréhender
le réel. Si ce mouvement est non codifié, il est
nécessairement a-signifiant, inutile et, par conséquent,
médian. Dans une attitude scotiste, nous dirons que bien
que ces mouvements soient tous différents, ils appartiennent
ensemble à la même unité, comme mode différentiel
d'une même expression : univocité . La Nature n'a
jamais produit un autre mouvement, un mouvement pour rien issu
de l'Un. Il est, selon son mode, et comme la conscience, l'expression
différentielle. Ainsi, il n'y a que dans un pourienisme
joyeux et dithyrambique que la conscience pourra découvrir
le monde, plutôt que de se prendre pour objet comme centre
de l'univers. Seul donc un pourienisme a la puissance de transformer
la conscience en conscience-monde et, par cela, d'ouvrir une nouvelle
ère de la philosophie de la Nature.
Sils Maria asbl 3/2001
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